☰ (Francis Royo)

L’arrache-coeur     Il y a

il y a
ce temps immobile
mots qui se tressent parole qui s’éclaire
dans la gorge détranglée

et la chambre de roses au sourire secret

il y a des cendres
du feu perdu
bûches rentrées trop tôt
ma main les pèse

il y a le miel les anges
une fleur à ton nom
au jardin mon linceul

tu es belle
à mon vent dévêtue

il y a
aux heures de créance et de séparation
le ciel qui nous délivre
sa grâce douce en pleurs

et notre demeure ce miroir
tout entourée de pierres
un livre inachevable

jusqu’au bout du chemin dis-tu

où le désir serpente

il y a mon corps
massacré
ce soleil

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